L’ETT de stress

Figure 37 : Matériel nécessaire à la réalisation de l’échocardiographie d’effort sur ergomètre
L’échocardiographie de stress pharmacologique nécessite la mise en place d’une perfusion en intraveineuse pour le patient. La perfusion en continue et de manière progressive de Dobutamine permettra d’augmenter la consommation d’oxygène du myocarde. Elle induit à faible dose une augmentation de la contraction myocardique (effet inotrope positif sans augmentation significative de la fréquence cardiaque). A forte dose, elle entraine une augmentation de la fréquence cardiaque (effet chronotrope positif), sans élévation importante de la pression artérielle. Pour amplifier la réponse à la Dobutamine, le cardiologue pourra demander à l’infirmier(ière) d’administrer une ampoule d’Atropine (soit 0,25mg) qui pourra être injectée entre chaque palier, en n’excédant pas 1 mg et en s’assurant que le patient ne présente pas de contre-indication au produit (glaucome à angle aigu, antécédent de rétention aiguë d’urine essentiellement). Une fois l’échocardiographie trans thoracique faite, le cardiologue procédera à l’enregistrement de boucles du ventricule gauche en 4, 2 et 3 cavités et en PGA et PPA au repos, à faible intensité d’activité (en général + 10 bpm en fréquence cardiaque), au pic de l’effort lorsque le patient a atteint la FMT puis en récupération.Une fois les acquisitions faites, le cardiologue demandera à l’infirmier(ière) de stopper la perfusion de Dobutamine et d’injecter un bêtabloquant (typiquement Atenolol 1 à 2 mg) ou un inhibiteur calcique (Diltiazem le plus souvent) si le patient présente une contre-indication aux bêtabloquants.
Quelle que soit la modalité, l’analyse des boucles acquises sera réunie en quad screen (relecture des acquisitions réalisées au repos, en début de test, au pic et en récupération sur un même écran) permettant au cardiologue d’observer et d’analyser la contractilité myocardique qui repose sur l’étude d’épaississement systolique pariétal et le déplacement de l’endocarde (figure 38). Une réduction de l’épaississement systolique correspond à une hypokinésie alors que l’absence complète d’épaississement est une akinésie . Enfin un mouvement systolique paradoxal (vers l’extérieur de la cavité ventriculaire gauche) est une dyskinésie. C’est l’analyse de l’évolution de la cinétique au cours du test qui permet de porter le diagnostic d’ischémie en voyant apparaître une hypo-, a- ou dyskinésie dans une région normocontractile à l’état basal.
L’échocardiographie de stress est un examen combinant une échographie transthoracique (ETT) et un stress soit physiologique (par l’effort), soit pharmacologique via un médicament administré par une perfusion (la Dobutamine).
Le but est de rechercher une ischémie myocardique de manière non invasive en atteignant au moins 85% de la fréquence maximale théorique (FMT) (soit 220 bpm - âge du patient,) à l’effort, et 100% de la FMT sous Dobutamine. En effet, le double produit (produit fréquence x pression artérielle qui est le reflet de la consommation myocardique) est moins élevé sous Dobutamine, du fait de la moindre élévation de la pression artérielle, qu’à l’effort, obligeant à atteindre dans ce cadre des niveaux de fréquence plus élevés. En cas de lésions coronaires, il y aura un déséquilibre entre les besoins et les apports en oxygène du myocarde, ce qui entrainera des manifestations cliniques comme la douleur thoracique, des modifications électrocardiographiques (ECG) et l’apparition de troubles de la cinétique segmentaire (hypokinésie, akinésie, dyskinésie). Les anomalies de cinétique précèdent les anomalies de l’ECG, elles-mêmes précédant la survenue d’une douleur thoracique, ce qui souligne la plus grande sensibilité de l’ETT de stress que l’ECG d’effort pour le diagnostic de maladie coronaire.
Le déroulé de l’ETT de stress pharmacologique et d’effort est similaire. Une fois l’ETT de repos faite, le cardiologue procédera à l’enregistrement de boucles du ventricule gauche sur 1 cycle cardiaque, en 4, 2 et 3 cavités ainsi qu’en PSGA et PSPA : au repos, à + 10 bpm en fréquence, au pic du stress/effort à la FMT et en récupération.
L’échocardiographie d’effort est réalisée sur un ergomètre (Figure 37)
Figure 38 : Quad Screen sur une coupe apicale 4 cavités.
L’échocardiographie de stress est préconisée pour :
- Dépister la maladie coronaire
- Evaluer l’étiologie cardiaque d’une dyspnée d’effort
- Evaluer le risque pré-opératoire avant une chirurgie nécessitant une anesthésie générale.
- Localiser l’ischémie myocardique
- Détecter la viabilité (faible dose de Dobutamine) myocardique après un infarctus du myocarde.
- Évaluer la sévérité d’une sténose valvulaire: en cas de rétrécissement aortique en bas débit, on peut réaliser un examen sous Dobutamine mais à faible dose (objectif d’augmentation de la fréquence cardiaque de dix battements) afin de mobiliser la réserve contractile et vérifier que la sténose aortique est bien fixée.
L’échocardiographie de stress à l’effort sera toujours privilégiée au stress pharmacologique sauf :
- Si le patient présente un bloc de bloc gauche (BBG) sur son électrocardiogramme
- Si le patient présente une contre-indication à l’effort
- Si le patient a une artériopathie des membres inférieurs symptomatique
- Si on recherche la viabilité myocardique et en cas de sténose aortique en bas débit.
Le cardiologue pourra utiliser un agent de contraste pendant les échocardiographies de stress (effort ou pharmacologique) lorsqu’au moins deux segments myocardiques contigus sont non ou mal visualisés.
L’Echocardiographie Trans Œsophagienne (ETO)
Elle est complémentaire à l’échographie transthoracique dans un certain nombre de situations cliniques.
On introduit, par la bouche, une sonde munie de capteurs ultrasonores jusque dans l’œsophage.
La sonde utilisée est un endoscope muni à son extrémité d’un capteur émettant des ultrasons de hautes fréquences, permettant d’obtenir des images de haute résolution (Figure 39), dans la mesure où l’œsophage est en contact direct avec la partie postérieure de l’oreillette gauche, sans interposition d’autres structures gênant la progression des ultrasons. Par conséquent, le signal échographique n’est pas perturbé par le sternum, les côtes ou autres structures graisseuses ou aériennes.
C’est un acte semi invasif.

Figure 39 : Sonde ETO
Cet examen nécessite que le patient soit à jeun depuis 6 heures (4 heures en situation d’urgence).
Les indications principales sont :
- La recherche d’une infection des valves cardiaques (endocardite infectieuse)
- L’étude des prothèses valvulaires et matériel intracardiaque
- La recherche d’un thrombus intracardiaque (figure 40) notamment dans l’auricule gauche ou d’un Foramen Ovale Perméable (FOP) (figure 41) suite à un Accident Vasculaire Cérébral (AVC) ou avant une cardioversion chez un (e) patient (e) en fibrillation atriale
- L’exploration des gros vaisseaux (par exemple recherche d’une dissection aortique)