Déroulement de l’ablation :
- Lors de l’installation, insister auprès du patient sur l’importance de ne pas bouger pendant la procédure (Risque de « décalage » de la carte).
- Ponction veineuse fémorale avec mise en place de 2 désilets 8F et un désilet 6F.
3.5.1 Ponction transseptale et mise en place des cathéters
- Cf : 3.2 Ponction transseptale.
- Purge des gaines puis montée des cathéters de cartographie et d’ablation dans l’oreillette gauche.
- Mise en place de la sonde décapolaire dans le sinus coronaire.
3.5.2 Réalisation d’une carte d’anatomie 3D, +/- carte « électrique »
- La première partie de la procédure va consister à réaliser une carte d’anatomie.
- Le FAM (Fast Anatomical Mapping) permet l’acquisition rapide de volume. Le système enregistre tous les déplacements du cathéter de Mapping et ainsi crée une reconstruction anatomique en 3D de l’oreillette. Il va nous permettre d’apprécier l’aspect morphologique de la cavité et favoriser le repérage dans l’espace.
- Au cas par cas, si le patient est en fibrillation auriculaire, il peut être réalisé, en même temps que la carte d’anatomie, une carte de CFAE (Cf. Chapitre 3.5.4), une carte de voltage ou une carte d’activation (Cf. Chapitre 3.5.5).

3.5.3 Ablation : Isolation des veines pulmonaires
- Si patient sous anesthésie générale : Mise en place de la sonde thermique en prévention du risque de fistule atrio-oesophagienne. Lors de la procédure, son bon positionnement sera réajusté afin qu’elle soit toujours à la hauteur de la sonde d’ablation.
Lors des tirs en postérieur, il faudra être vigilant. En effet, l’œsophage se situe juste derrière l’oreillette gauche.
- Si rythme sinusal, stimulation dans le sinus coronaire (CS).
- Isolation des veines pulmonaires par encerclement.
→ Le cathéter d’ablation est progressivement déplacé autour des veines pulmonaires afin de créer une cicatrice empêchant le passage de l’activité électrique des veines pulmonaires à l’oreillette.
- Se tenir prêt à stimuler pour le retour en rythme sinusal.



3.5.4 Défragmentation de l’oreillette gauche
- Si à la suite de la déconnexion des veines pulmonaires le patient est toujours en fibrillation atriale, il pourra être discuté une « défragmentation » de l’oreillette gauche.
- Lorsqu’un patient est en fibrillation atriale persistante, son arythmie n’est plus forcément uniquement dépendante d’extrasystoles auriculaires provenant des veines pulmonaires. Elle peut être auto entretenue par de multiples micro-réentrées au niveau de l’oreillette.
Ces microcircuits peuvent être localisés aux zones où les signaux électriques sont très fragmentés et continus.
→ Le repérage de ces signaux se fait sur la baie d’électrophysiologie et sur le système de cartographie.
- Les CFAE (Complex Fractionated Atrial Electrogram) sont des marqueurs de réentrées multiples pouvant indiquer la présence de zones de ralentissements capables d’entretenir la fibrillation auriculaire. Ces potentiels fragmentés vont être détectés automatiquement par le logiciel grâce à l’analyse des signaux endocardiques. Ils seront recueillis en fonction du voltage et de la durée séparant les signaux.
- Les tirs d’ablation seront plutôt cours, sur des foyers bien précis.


3.5.5 Organisation de la Fibrillation atriale en Flutter : Carte d’activation
- Si lors de la procédure on observe une organisation de la fibrillation auriculaire en flutter (atypique ou typique), il pourra être réalisé une carte d’activation ainsi que des manœuvres d’entrainement afin d’identifier l’isthme du flutter.
a) Carte d’activation
- La carte d’activation est réalisée dans un contexte de tachycardie organisée avec un cycle stable et régulier. Le principe est de définir un signal de référence et d’effectuer des mesures de délai entre les signaux électriques locaux et ce signal de référence.
- Cette carte nous permettra d’identifier les zones de primo-dépolarisation et le cheminement de l’onde de dépolarisation du circuit.

b) Manœuvre d’entrainement
- Elle va nous permettre de confirmer que le flutter dépend de la zone sur laquelle la stimulation est effectuée.
- Mesurer le cycle du flutter (intervalle entre deux activités atriales).
- Stimuler à 10 - 20 ms de moins que le cycle mesuré (plus vite que le flutter) de façon à accélérer le flutter puis, mesurer le cycle de retour.
→ Vérifier que l’on a bien entrainé jusqu’à la dernière stimulation.
→ Mesurer le cycle de retour à l’arrêt de la stimulation entre le dernier complexe stimulé et le premier spontané. Cette mesure s’effectue sur la ligne de l’électrode qui a stimulé.
→ Si celui-ci est ≤ de 30 ms au cycle du flutter, on confirme qu’il dépend de la zone sur laquelle la stimulation a été effectuée.