Quelle est la conduite à tenir par le patient à moyen terme ?[1]
Sont à éviter :
- Le port de charge lourde pendant 1 mois
- Le sport pendant 1 mois ou jusqu’à cicatrisation complète.
- La baignade (mer ou piscine) jusqu’à cicatrisation complète même en cas de pansement colle.
- Les gestes amples du bras côté opéré pendant 1 mois. Vous pouvez expliquer au patient que « son coude doit rester plus bas que son épaule », il doit faire attention au repassage, éviter de faire les vitres, se faire aider pour se laver les cheveux.
- Le patient ne doit pas manipuler le boitier et les sondes à travers la peau. Un risque d’extériorisation du matériel, de désunion de la cicatrice ou de déplacement de sonde existe à tout moment.
Le patient peut avoir un temps d’adaptation pour ne plus sentir le poids de l’appareil dans la loge pectorale. Vous pouvez être rassurant, le thorax va faire la place pour le matériel implanté qui le gênera de moins en moins.
Quelle est la conduite à tenir par le patient à long terme ?
Le PM/DAI n’altère pas la qualité de vie. Le patient peut reprendre la majorité de ses activités antérieures. Voire activité physique et prothèse rythmique implantable.
Ce que le patient doit/peut faire :
- Le patient doit toujours avoir en sa possession la carte de Dispositif médial implantable (DMI).
- Le patient peut continuer à utiliser le four à micro-onde, le téléphone portable. Il peut mettre la ceinture de sécurité en voiture.
- Le patient peut voyager. La carte de DMI est obligatoire pour voyager en avion.
- Le patient peut reprendre une vie intime dès qu’il se sentira à l’aise.
- La reprise du travail est la plupart du temps possible. Cependant elle doit être discutée au cas par cas avec le rythmologue dans le cas de métier particulier (conduite de certains véhicules (permis poids lourds), manutention de charge lourde (déménageur de piano), métier nécessitant une attention accrue (pilote d’avion),…)
- Le patient devra discuter avec son cardiologue de la reprise d’une activité physique régulière. Le sport est le plus souvent conseillé mais dépend de la pathologie sous-jacente du patient.
- Le patient doit informer tous les professionnels de santé qu’il rencontre (médecin généraliste, dentiste, kinésithérapeute, infirmier, …) qu’il est porteur d’un PM/DAI pour qu’aucune thérapeutique incompatible ne lui soit proposée.
- Le patient peut avoir accès au service d’imagerie médicale : la radiographie et le scanner sont compatible avec le port d’un PM/DAI.
Cas particulier des IRM : Un examen IRM peut être envisagé au cas par cas suivant la compatibilité du matériel implanté, le type d’IRM à passer et après avis du rythmologue. Un réglage avant et après l’IRM est nécessaire. Certains centres d’imagerie ne peuvent pas réaliser ces réglages.
- Le patient doit continuer le suivi avec son cardiologue traitant. Il devra par ailleurs être suivi par un rythmologue (tous les 6 mois à 1 an, la fréquence sera déterminée par le praticien). Celui -ci assurera la surveillance de l’usure de l’appareil et fera les réglages nécessaires au maintien de la santé du patient. Certains praticiens mettent en place la télécardiologie (télésurveillance et la téléconsultation.) Le fabricant du PM/DAI ou un infirmier dédié remettra au patient un terminal de connexion. (Voire l’article dédié en 2.1.4.3Télésurveillance des prothèses rythmiques).
- Le patient doit signaler à son médecin tout signe d’inflammation, d’infection ou d’extériorisation de matériel.
- Le patient doit maintenir un bon suivi par le médecin généraliste. Il faut toujours traiter un rhume ou une angine et avoir un suivi dentaire régulier. Il existe un risque de migration des germes sur le matériel implanté.
- Si le patient entend son PM/DAI émettre un signal sonore : c’est le signe d’une usure de pile ou d’un disfonctionnement. Le patient doit consulter son rythmologue sans attendre. Il doit préciser lors de la prise de rendez-vous que son appareil sonne pour qu’il soit reçu dans les meilleurs délais.
Ce que le patient doit éviter :
- Les portiques magnétiques : le patient ne doit pas stationner dans un champ électromagnétique qui risque de modifier le réglage de son appareil. A l’entrée des magasins, il doit franchir les portiques sans s’arrêter. A l’aéroport, le patient devra présenter sa carte de DMI pour éviter de passer sous les contrôles magnétiques.
- Les plaques à induction : un arc électrique peut se former entre la plaque et le boitier ce qui le rendrait inopérant. Le patient doit se tenir à plus d’1 mètre d’une plaque allumée. Si le changement de plaque de cuisson n’est pas possible, vous pouvez conseiller au patient de cuisiner sur les plaques les plus éloignées de lui, les bras tendus, en veillant à s’en approcher le moins possible.
- Exposition au soleil prolongée (plage, piscine) : le boitier va emmagasiner de la chaleur qui pourrait provoquer une brûlure du tissu cutané en regard du boitier. Conseiller au patient de privilégier l’ombre ou le port d’un T-shirt.
- Le patient doit éviter de ranger dans la poche de poitrine tout appareil contenant du matériel magnétique qui pourrait perturber le signal électrique du boitier. (Téléphone portable, lecteur MP3, radio…)
Ce que le patient doit proscrire complètement :
- Les sports violents et de combat (judo, karaté, boxe, rugby, …). Le patient ne doit pas se mettre en situation de prendre un coup sur son boitier. Cela risquerait de léser les tissus avoisinants.
- La pratique d l’haltérophilie ou du golf de façon intensive : la répétition de l’hyperextension du bras peut endommager les sondes de stimulation.
- La pratique de la chasse si le patient a été implanté du côté ou il arme le fusil : Le recul lié au tir peut endommager le matériel.
- La soudure à l’arc : un arc électrique risque de se créer entre le boitier et l’outil qui endommagerait l’appareil.
- Les travaux électriques : le patient ne doit pas risquer l’électrocution ou même un coup de jus. La charge électrique risque de rendre le DMI inopérant.
Le cas particulier du DAI :
Le DAI délivre une thérapeutique (un choc électrique), que le patient ait ressenti ou non de signe annonciateur (palpitation, malaise, perte de connaissance, …). Cela équivaut à une décharge électrique de faible intensité. Cela peut être impressionnant pour le patient et son entourage. Rappeler au patient que c’est la fonction du DAI de délivrer un choc quand le rythme cardiaque semble mettre en danger la vie du patient.
Après un choc, le patient doit rester au calme jusqu’à récupération complète. Il doit ensuite prévenir son rythmologue qui le recevra rapidement pour interroger le boitier qui garde en mémoire l’évènement. Le médecin pourra ainsi comprendre ce qui s’est passé et proposer si nécessaire d’a adapter le traitement ou de modifier le réglage de l’appareil.
Si le DAI délivre plusieurs choc en un temps court (moins de 24H) : le patient doit se rendre rapidement dans le service d’urgence les plus proche de chez lui ou appeler le SAMU-15. Il faut s’assurer immédiatement de son état de santé et de l’état de fonctionnement du DAI.
Pour en savoir plus :
Recommandation de l’ESC sur les patients porteurs d’un défibrillateur et la pratique du sport :
2020 ESC Guidelines on sports cardiology and exercise in patients with cardiovascular disease: The Task Force on sports cardiology and exercise in patients with cardiovascular disease of the European Society of Cardiology (ESC)
European Heart Journal, Volume 42, Issue 1, 1 January 2021, Pages 17–96, https://doi.org/10.1093/eurheartj/ehaa605
[1] https://www.ottawaheart.ca/fr/implantation-d%E2%80%99un-stimulateur-guide-%C3%A0-lintention-des-patients/cong%C3%A9-et-suivi-apr%C3%A8s-l%E2%80%99implantation-d. consulté le 25 Mai 2021