3. Les premières données d’EFHICA’S pour l’aidant « conjoint » :
- Il tient un rôle essentiel dans le parcours de soin de son conjoint et dans la gestion de la maladie
- Il adapte ses horaires de travail pour être présent pour son aidé
- Il néglige sa santé pour disposer de plus de temps pour son conjoint avec une augmentation des troubles anxio-dépressifs
Dans le cadre du projet EFHICA’S, une extraction de données préliminaires a été effectué sur un échantillon de 300 aidants « conjoint », révèle que le sex-ratio est de 8 femmes pour 2 hommes, d’âge moyen de 68 ans.
• La détresse des aidants relative à la vie quotidienne, soutien moral
L’aide à la vie quotidienne (72%) et le soutien moral (60%) tandis que la gestion des urgences et l’aide au respect des consignes est revendiqué par respectivement 38 et 31% des aidants.
• L’aidant a un rôle essentiel dans la gestion de la maladie (accompagnement aux rendez-vous médicaux ou d’une hospitalisation
Plus de 97% des aidants ne bénéficient d’aucun statut particulier en lien avec leur rôle d’aidant. Un conjoint « aidant » sur 3 déclare une activité professionnelle, parmi eux 29% confient avoir au cours des 4 derniers mois, manqué une (ou plusieurs) journée(s) de travail du fait de son action d’aidant(e). Dans ce cas les 2/3 ces absences étaient imprévues.
Accompagné l’aidant à l’un de ses rendez-vous médicaux (83%) ou lors d’une hospitalisation (64%) sont les deux motifs principaux. Ce rôle a un réel impact sur son activité professionnel :
- 60% ont dû adapter leurs horaires de travail et ils sont plus d’un sur quatre à confier avoir refusé une proposition professionnelle du fait de leur rôle d’aidant ;
- 36% reconnaissent avoir subi une baisse de revenus du fait de la maladie de son aidé.
- Un aidant sur 5 a l’impression que son état de santé s’est aggravé du fait de son action d'aidant, tout en souffrant plus largement encore de troubles du sommeil voire de troubles anxio-dépressifs ou d’autres symptômes en lien avec leur action.
- Ils estiment également souffrir de nouvelles pathologies qui leur semblent en lien avec la charge de travail. 22% confient même négliger leur propre santé au profit de leur rôle d’aidant, en annulant des consultations pour 62% d’entre eux ou en oubliant de prendre leurs médicaments pour un aidant sur cinq.
- Enfin, les réponses au mini GDS suggère que 64% d’entre eux pourraient souffrir de dépression. L’échelle de Zarit suggère que pour 31% des aidants le fardeau est modéré et sévère pour 6% d’entre eux.
« EFHICAS devrait donc nous permettre une mise en perspective des attentes et des besoins des patients et de leurs aidants face à leur maladie par rapport à ceux des soignants. Une reconnaissance de cette maladie est attendue par les tutelles et le grand public. Le bénéfice secondaire de tous pourrait être la refondation d’un parcours de soins inclusif et réellement partagé » conclut le Docteur Lamia TartièreKesri, Directeur du projet EFHICA’S et cardiologue hospitalier à l’Hôpital Léon Bérard – Hyères.
Références :
1 - Peretti C, Pérel C, Tuppin P, Iliou MC, Juillière Y, Gabet A, Olié V. Prévalences et statut fonctionnel des cardiopathies ischémiques et de l'insuffisance cardiaque dans la population adulte en France : apports des enquêtes déclaratives « Handicap-Santé ». 172, 1er Avril 2014, Bull Epidemiol Hebd 9-10.
2 - Kraai IH, Vermeulen KM, Luttik ML, Hoekstra T, Jaarsma T, Hillege HL. Preferences of heart failure patients in daily clinical practice: quality of life or longevity? Eur J Heart Fail. 2013 Oct;15(10):1113-21.
3 - Testa M, Cappuccio A, Latella M, Napolitano S, Milli M, Volpe M, Marini MG. TRUST participants. The emotional and social burden of heart failure : integrating physicians', patients', and caregivers' perspectives through narrative medicine. BMC Cardiovasc Disord. 2020 Dec 12;20(1):522.
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